Alain
Vironneau est devenu hier le nouveau Président du CIVB – par 46 voix contre 4
(bulletins blancs) - et succède ainsi au négociant Christian Delpeuch. Le
viticulteur, quittant très prochainement son mandat de président ...
des AOC Bordeaux
et Bordeaux supérieur, entend assumer la lourde tache de réunir et de fédérer
tous les acteurs de la filière vin bordelaise autour des enjeux économiques de
la viticulture girondine. L’Assemblée Générale du CIVB du 10 juillet, à l’hôtel
de région de Bordeaux, fut l’occasion de recueillir ses premières impressions
face à ses nouvelles responsabilités. Interview !
Elu au terme d’un second tour – le premier tour s’étant caractérisé par un vote « avertissement » exprimé, semble t-il par la famille des négociants et courtiers – Alain Vironneau devrait trouver auprès de son prédécesseur, Christian Delpeuch, un soutien sans faille. Un soutien indéfectible pour autant que ses actions futures aillent dans le sens des intérêts de l’ensemble de la filière, en garantissant le maintien d’une cohérence dans le plan global mis en place depuis deux ans.
L'alternance négoce/production
Selon le principe immuable de l’alternance d’un
présidentiable issu soit de la famille du négoce, soit de celle de la production (viticulture), Alain Vironneau devra veiller – dans un contexte politique et
économique viticole des plus difficiles – à ne pas s’écarter de la feuille de
route du « plan Bordeaux. » Rappelons que ce plan mis en place par le
président sortant – qui vise, à moyen terme, à assainir le marché par une
distillation provisoire des surplus de stocks* et un arrachage d’environ 8% du
vignoble girondin** - devrait permettre de relancer la promotion des vins de
Bordeaux en leurs trouvant de nouveaux débouchés.
En d'autres termes, le nouveau président doit continuer
sur la voie des négociations entre les pouvoirs publics et l'interprofession
girondine, préparer la filière girondine à plus d'autonomie face aux décisions
de Matignon en matière de viticulture et aux aides de l'Etat et de l’Union
Européenne… cette décentralisation avait été déjà souhaitée et impulsée par
Christian Delpeuch.
L’arrachage et la distillation : un remède musclé
Alain Vironneau, partisan de la distillation, devra également mener à bien ce dossier épineux et contribuer à sortir les entreprises viticoles, touchées de plein fouet par la crise, du piège du « tout distillation ». En effet, si la distillation apparaît comme une solution « miracle » à très court terme, elle devient en revanche un piège et peu dissuasive pour inciter certains viticulteurs à jouer le jeu des diminutions. « elle n’est pas une fin en soi et n’est qu’un moyen dont il faut se débarrasser au plus vite » souligne Christian Delpeuch. Pour Bordeaux, comme ailleurs, il y a urgence compte tenu des projets de l’Organisation du Commerce Mondial (OCM) à supprimer le programme de distillation.
Si l’on reste logique, la mise en place rapide (avec fermeté et efficacité) de la réforme de l’agrément avant et après mise en bouteille, devrait à n’en pas douter, résoudre une partie du problème des surplus de stocks. Et éviter ainsi d’accorder – dans un geste social – l’agrément à tout va. Certains échantillons réussiraient trop facilement l’examen de passage quand ces derniers mériteraient, pour le bien de l’image d’une appellation, de passer à la trappe.
L’arrachage est l’autre point névralgique du
« plan Bordeaux ». Le CIVB avait souhaité en février 2006 s’attaquer
au problème en planifiant un arrachage de 10 000 hectares, soit 8% du vignoble
global que compte le département. La mise en œuvre de ce plan n’est pas une
sinécure puisque les instances de la filière vin se heurtent parfois à
l’incompréhension de certains viticulteurs à devoir arracher – un vrai
crève-cœur – quand d’autres vendent très bien ou quand dans certains pays, la
vigne pousse aussi vite que des terrains de football. Pour y parvenir et
relancé également la promotion des vins de Bordeaux, le CIVB a souhaité
contracté un emprunt de 60 millions d’euros sur 20 ans. La prime à l’arrachage,
soit 6300 euros/hectares au lieu des 12 000 escomptés, devrait être financé par
Bruxelles.
* Si le vignoble girondin produit
en moyenne, à chaque campagne, 5,5
millions d’hectolitres, la campagne 2004 relevait un excédent d’environ 1,7
millions d’hectolitres. Les marchés étant saturés, le 2004 avait vu certains de
ses stocks bloqués. A noter que l’autorisation de distiller pour l’année en
cours, accordée par la Commission européenne, porte sur 1,5 millions d’Hl
contre les 3 réclamés.
** Sur les 123 000 hectares du
vignoble en Gironde, 8% sont concernés par ce remède musclé. L’objectif est de
rendre plus crédible les zones de production, en évitant la politique
incohérente du droit de plantation aveugle. Certaines zones, connues pour leur
manque de qualité, ne devraient pas produire de vins.
Pour plus
d’infos :
http://www.vins-bordeaux.fr
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération!
Crédit:
VININEWS




























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