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« Cybelle Wines the nature of Bordeaux | Accueil | Château Margaux : la finesse et l’élégance d’un sauvignon de légende »

25 septembre 2007

Château Margaux: Pavillon blanc, l’héritier de la grande tradition.

Dossier « vendanges 2007 – les blancs secs »

Destination « Pavillon blanc »

Aussi insolite que ça puisse paraître, le blanc sec en terres médocaines n’est pas si « ovni » que ça. Château Margaux porte depuis des siècles la forte tradition d’un blanc à la noblesse de caractère bien affichée…

répondant au nom de code : Pavillon blanc. Récoltée dans de parfaites conditions, jamais à sur-maturité, et bénéficiant de soins vétilleux, chaque grappe de sauvignon - qui va constituer la bouteille de Pavillon blanc - est considérée comme un bijou à manipuler avec soin. Le blanc, rappelons-le, est fragile sur son jus - car très vite oxydable à l’air -, qu’il convient de vite protéger dès son arrivée au cuvier.


Un clin d’œil au XVIIIème siècle. Tout sauf un paradoxe.

La finesse et l’élégance sont les deux qualités clairement affichées depuis deux décennies dans la production des vins de la propriété de Corinne Mentzelopoulos. Mais le talent et le savoir-faire de la propriété n’en reste pas limités à une seule couleur. Et cette dualité, cette double compétence ne date pas d’aujourd’hui. Si château Margaux s’est taillé une solide réputation pour son château Margaux rouge et sa seconde étiquette, le Pavillon rouge – alimentant depuis 150 ans une notoriété jamais contestée –, c’est bien dans le blanc sec maison que l’on prend toute la mesure du professionnalisme de l’équipe de Margaux. Ce blanc, c’est un clin d’œil à l’histoire, à celle qu’ont écrit les grands chapitres de Margaux depuis le XVIIIème siècle.

Difficile de dater avec précision la tradition du blanc à Margaux mais comme le souligne Paul Pontallier, Directeur général de ce premier cru classé de 1855, « on a toujours fait du blanc au château Margaux, d’ailleurs dans une certaine tradition médocaine quand le blanc dans le Médoc avait le vent en poupe jusqu’à une certaine époque. » La majorité des propriétés médocaines, et parmi elles, l’ensemble des 62 crus classés du classement de 1855 avaient du blanc sur leurs parcelles jusqu’à la fin du XIXème siècle. Il faut bien admettre dès lors que l’abandon progressif du blanc, à partir du XVIIIème siècle, au profit d’une spécialisation en rouge s’explique non pas par un essoufflement d’une certaine mode – quoi qu’indirectement – mais par l’aspect économique de cette production. Ce sont de profondes raisons commerciales qui ont conduit beaucoup de propriété dans le Médoc, à abandonner le blanc pour le rouge ; lui bien plus tendance et à l’économie très juteuse. Et c’est la raison pour laquelle nous nous plaisons à penser que le Médoc - place forte de la production en rouge girondine (comme en Libournais) – ne saurait s’aventurer ailleurs que dans le rouge. Faux paradoxe donc.


Le blanc sec, un vin parfois boudé par la « Place de Bordeaux ».

Les négociants de la célèbre « Place de Bordeaux » - soit 400 entités professionnelles de la mise en marché -, ont depuis les années 1980 toujours eu un faible pour le rouge. Ce rouge est un symbole international fort repris dans le code couleur « Bordeaux », à la fois couleur et ville du vin, pour ne pas dire « capitale mondiale » pour reprendre une expression bien enracinée dans le cœur de la profession. Le rouge parle de lui-même et parvient à imposer sa suprématie à l’international.

Or, quand est-il de son homologue, le blanc ? Moins d’attrait, plus de difficulté à exister dans cet océan rouge culturel et commercial. C’est tout le problème et le négoce aura vite choisi son camp.

Il faudrait être une marque forte, reconnue, à la stature internationale pour espérer voir ses bouteilles de blancs avoir grâce aux yeux de l’économie de marché du vin. Pourtant à Margaux, on a décidé de maintenir l’art du sauvignon blanc. C’est là que Margaux (comme de très rares crus médocains chez les classés) exerce une certaine autorité de droit et parvient à « imposer » sa mode du blanc, un 100% sauvignon à forte personnalité. Il est évident que l’on continuera à faire du blanc made in Margaux par tradition, par principe mais aussi parce qu’il se vend bien de toute façon et qu’il a conquis depuis fort longtemps, le cœur d’une large frange d’amateurs privilégiés.


La marque ne saurait suffire.

Ce qui vaut pour Margaux le vaut pour les autres : être reconnu par ce que l’on incarne une image forte à travers son sceau ne suffit pas pour durer. La concurrence même dans les blancs est très disputée si l’on en juge par les AOC Pessac-Léognan, Graves, Entre-Deux-Mers et Bordeaux générique qui exercent un certain monopole sur les blancs. Difficile donc de tenir la distance durant toutes ces décennies - en fait 25 ans de vraies reconnaissances commerciales pour Pavillon blanc - sans privilégier la vertu du travail bien fait. Le contraire serait trop simple et de courte durée de toute façon. Si les flacons de Pavillon blanc trouvent preneur et fédèrent, c’est avant tout par la qualité constante manifestée, millésime après millésime dans chaque bouteille. Venir sur le terrain ou le théâtre des opérations en est une preuve flagrante. Voir travailler de concert ces vendangeurs assidus à la tâche et initiés est révélateur. Chacun opère méticuleusement le tri des baies – chassant au sein d’une grappe les baies les moins nobles pour ne conserver que les plus belles – pour donner au maître de chai la matière première la plus pure. Ce qui techniquement n’est pas une mince affaire en blanc. Et tout le monde à château Margaux aime ce genre de défi. Il y a même un certain mérite à travailler ce type de vins. Cela demande doigté et dextérité sans oublier des moyens financiers indispensables.


Un vin unique, généreux, corpulent.

Le Pavillon blanc ne ressemble qu’à lui-même et c’est là le trait essentiel d’un vin que l’on veut singulier sans vouloir le comparer ou le mettre en concurrence avec d’autres. Son caractère propre, il le doit à son 100% sauvignon dont les maturités ne sont jamais poussées à l’extrême ni survolées. Le climat frais des parcelles de Virefougasse fait merveille dans l’expression de ce vin. Et le sauvignon qui n’aime pas l’à-peu-près et ne se satisfait pas de vinificateurs débutants, a trouvé ici son paradis. Son profil aromatique et gustatif se situe dans un « entre-deux » où tout s’équilibre, où les arômes s’harmonisent avec les saveurs minérales bien marquées sur cette parcelle. Le résultat donne un vin minéral, aromatique – loin de toute caricature sauvignonnée – généreux et séveux. Un vin corpulent et droit, de grande franchise incarnant à merveille, une certaine aristocratie du blanc devenue en ces temps bien nostalgique.

Pour en savoir plus :
Le site officiel de Château Margaux : http://www.chateau-margaux.com

Voir nos autres sujets sur la propriété dans les archives de Vininews.

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Crédit sujet:
Images/Montage: Philippe SIMON / F.L.
Interview: Frédéric LOT
Article: F.L
 

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